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Sol’iter : Shurik’n


Shurik’n, alias Geoffroy Mussard, n’est plus à présenter comme membre co-fondateur du groupe de rap français I AM, en 1989, avec lequel il enregistre 4 albums majeurs, parmi lesquels L’école du micro d’argent ou Ombre est lumière. Pourtant, en parallèle, cet adepte des arts martiaux et passionné d’Asie, a réalisé, en solo, Où je vis, sa première échappée, qui lui valut, en 1998, un double disque d’or et une reconnaissance incontestée depuis. L’album reste d’ailleurs encore aujourd’hui  une référence en matière de Rap français. Zikworld revient sur cette personnalité à part, à l’occasion de la sortie de Tous m’appellent Shu, son nouvel opus, très attendu, après 14 ans de silence du rappeur en solitaire.

Il établit les règles du combat très vite, Shu, nous invitant en guise d’introduction sur le ring du titre éponyme dédié à son fils :  » Tous m’appellent Shu / Pour toi c’est Papa « , et plus tard  » Il ne savent pas que depuis je suis passé en mode survie (…) Il n’entendra pas tout ce que j’avais à lui dire (….) Tu m’as privé du plaisir de le voir grandir – « Mon fils »). Droit comme une pyramide (« Fugitif 2 (Featuring Samm) »), il est fidèle à lui-même : lyrics tranchants, musique innovante, comme ce sample hip-hop de la Toccata et fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach : Shurik’n est de ceux-là qui savent valoriser ce qui le mérite, allier tradition et modernité, lui qui déclarait dernièrement aux journalistes que le rap avait oublié d’où il venait : colère (Trop peu de parachutes et trop de guerriers en chute libre – « Une flamme dans le soir »), réalisme (Combien de battement de coeur subitement se sont arrêtés – « Dans le ciel » ), partage, unité sont autant de pierres à l’édifice de sa musique, comme elle l’a toujours été de celui d’I AM.

Son rôle de père, il le tient également par rapport aux minots, ces gamins dont il a fait partie, aux pieds des tours Marseillaises. Il leur parle, les conseille, ne leur ment jamais (Ne cherche pas des colombes, il n’y a que des vautours – « La Même chose », mais propose la valorisation des talents (Bombe le torse, vise le ciel minot – « Bombe le torse »), la foi en soi : Elle est quelque part la solution (…) C’est moi qui suis la clef  ! – « Faut que je m’échappe »).

Sur ce nouvel album, le maître Français du fight verbal n’a pas oublié ceux qui l’entourent et qu’il entoure, parmi lesquels Saïd, jeune talent propulsé par Shurik’n sur le label d’Akhenaton (présent par deux fois lui aussi, sur « Le Sud » et notamment sur « Comme vous ») :

« Je veux vivre (…) loin des lieux où le trouble et la haine demeurent (…) Ici, l’humain est jetable (…) je veux vivre, voir l’horizon, rester libre uniquement à ma façon (…) loin de leurs colliers «  (« Vivre Featuring Saïd »)

Mélodique, le flow de Shurik’n renoue avec les plus belles heures du rap Français (« Tranche de vie »), et pour l’artiste lui-même, ce nouvel album reprend le combat là où son précédent effort solo l’avait déjà gagné : les orchestrations sont superbes, intégrant ce qui s’est fait de mieux les dix dernières années, côté Saint Germain par exemple (l’album Tourist notamment), ou encore l’électro hip-hop (« Mc »). C’est maintenant certain, lorsque Shurik’n revient, c’est le retour d’une personnalité, d’un charisme, d’une voix, d’un flow, d’une écriture, d’une conscience, d’un tout artistique et profondément humain : celui qu’on est fier d’appeler Shu, nous aussi.

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