Approche géographique/Culture musicale/La Matinale ZW

Communiquer entre parenthèses le 10 mai 2012


Zikworld : qui es-tu ? On peut en effet se demander ce qui nous invite à perdre notre temps du côté des Arts, de la musique en particulier :  car telle est bien l’impression que beaucoup peuvent avoir. Beaucoup qui sont, eux, concentrés sur l’essentiel : la publication sur Facebook ou Twitter de leurs faits et gestes plus que quotidiens, horaires, instantanés. En guise de réponse, nous nous souvenons de cette parenthèse de Marcel Proust, parce qu’il est important de savoir ce qu’en ont pensé ceux qui n’avaient a priori aucun rapport avec la musique :

« La musique est peut-être l’exemple unique de ce qu’aurait pu être – s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées – la communication des âmes. « 

Et nous croyons chez ZIKWORLD que le problème essentiel actuel n’est pas tant l’économie que la communication absente, dénaturée, celle qui invite à écrire sur les réseaux sociaux des phrases blessantes, insultantes sur l’Autre, qu’il soit étranger ou simplement inconnu, méconnu, non respecté dans son identité, son entité, son existence même. Quel avenir pour une économie qui ne laisserait place à l’humain ? Qui serait l’instrument d’une non-société ?

Nous sommes capables d’écouter, par la musique, le discours de gens qui ne parlent pas notre langue, qu’on ne comprend pas, parce que la musique suffit à faire communiquer les âmes, à inscrire les autres et moi-même dans un mouvement unique. Et nous ne serions pas capables de rencontrer, d’écouter, de respecter ceux-là même qui la parlent, même mal, et qui partagent tout le reste de notre quotidien ? Au nom de quoi ? Au nom de qui ? Et la question n’est-elle pas de savoir pourquoi tous ces gens devraient parler MA langue pour que nous nous comprenions ?

Voilà justement l’origine de notre engagement pour la musique : rétablir un lien que tant d’autres media, d’autres voies, d’autres espaces, ne parviennent à faire vivre. Mais on est toujours libre de penser qu’en jouant à construire sa maison dans une ville virtuelle, on est plus occupé qu’à rencontrer en réel son voisin de palier, ou plus largement cet inconnu qui partage mon métro, mon trottoir, mon couloir. Reste à trouver, à l’entrée des bureaux de vote, pour ceux qui quitteront clavier et souris, un bouton « J’aime », qui leur évitera d’être dépaysé : parce qu’en France, on n’aime pas être dé-paysé, sauf chez les autres, le temps d’un exotisme de rigueur (un autisme vieux comme le monde). Et la rigueur sévit toujours en temps de crise.

 

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