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Laisser le devenir germer un 1er mai 2012


A l’occasion de la traditionnelle fête du travail, en ce jour de 1er mai, nous avions envie d’interroger cette « tradition », comme si nous avions peur que le travail n’en soit plus une pour les générations à venir, que notre contribution à la société ne se résume qu’à voter pour « ceux qui sont sûrs de gagner » comme le chante si bien Daran ; que les clochettes du nouvel an travailleur fassent frissonner vos narines, pour ne pas finir comme ce Dormeur du Val, à qui on n’a plus offert d’autre engagement que dans le pendant du labeur, destruction de soi, c’est-à-dire la guerre, destruction de l’autre. Et l’on s’est dit que ce « Working Class Hero« , originel, puisqu’il s’agit, loin des millions de covers ayant été réalisés, de la version d’origine de John Lennon, pourrait vous aider à sentir ce parfum du devenir, de la volonté partagée, du mouvement général et individuel. Pour que chaque jour ait ses floraisons, ses épanouissements, ses envoûtants parfums de vraie vie :

 » Et, sous ses pieds, les coups profonds, les coups obstinés des rivelaines continuaient. Les camarades étaient tous là, il les entendait le suivre à chaque enjambée. N’était-ce pas la Maheude, sous cette pièce de betteraves, l’échine cassée, dont le souffle montait si rauque, accompagné par le ronflement du ventilateur? A gauche, à droite, plus loin, il croyait en reconnaître d’autres, sous les blés, les haies vives, les jeunes arbres. Maintenant, en plein ciel, le soleil d’avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait. Du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes. De toutes parts, des graines se gonflaient, s’allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d’un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s’épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s’ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l’astre, par cette matinée de jeunesse, c’était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre.  » (Emile Zola, Excipit de Germinal)

Et vous, vous allez les offrir à qui ces brins de rareté aujourd’hui ?

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