A live/Agenda/La Matinale ZW

Etre vivant le 27 avril 2012


Il est un jour qui ne ressemble, socialement, à aucun autre, un jour unique car le groupe ne saurait accorder à chacun plus d’une journée, tandis que l’individu doit adhérer à la totalité des mouvements globaux : qui la fête des amoureux, qui celle du travail, ou pire de la musique, qui le jour des morts ou celui des déportés. Dois-je ainsi me souvenir de tous ceux et celles qui ont compté pour la société, déjà choisis parmi tant d’autres anonymes, tandis que le groupe social ne m’accorde, en tant qu’individu, tout au plus que la reconnaissance du jour où je suis né, que je dois prouver autant de fois que nécessaire, à grands renforts de certificats que la société m’a elle-même délivrés, sans peut-être s’en souvenir ? Quel est donc cet aller sans retour ?

L’individualité n’est pas l’individualisme ; je préfère être un individu que le résultat d’une unicité ; je n’ai pas besoin d’être LA voix, mais de faire entendre la mienne, nul envie d’être une star, seulement de laisser briller cette flamme dans mes yeux ; car j’ai sans doute moins besoin de me différencier des autres que d’exister, de me sentir entier, indivisible, vivant, et heureux de l’être …

 » Comment faire pour dire qu’on était heureux, à ce moment-là, sur cette partie de la terre, avec cette femme, avec soi-même, et avec tout le reste ? Ce n’était pas facile à dire, et pourtant il fallait le dire. (…) Tout cela était là, présent, palpable. Cela méritait plus que des mots, cela méritait des cris vraiment, des hurlements à pleine gorge, debout sur le trottoir, face aux autres hommes. (…)

 HAAAAAAAAAARRRRRRH ! (…)

Il y a toutes les choses qu’on ne peut pas dire avec les mots, parce qu’elles sont trop belles et trop claires, parce qu’elles sont évidentes, et qu’il semble qu’elles ont toujours été. » (J.M.G. Le Clézio, Terra Amata)

Existe-t-il alors une musique de l’indivisibilité ? de l’individualité ? de l’existence ? du bonheur en somme ? Malheureusement trop d’entre nous ne sonnent pas, ne tintent pas, ne laissent pas résonner l’écho de ce qu’ils sont sur les murs des villes, sur les rocs des vallées …

« On regarde tout cela muettement, sans être heureux, alors qu’il faudrait à chaque seconde, descendre dans la rue et graver au couteau sur tous les troncs des platanes et barbouiller à la craie sur tous les murs, sur tous les trottoirs : LE 11 JUIN 1966 JE VIS » (Ibid.)

Et ce 27 avril 2012, JE VIS AUSSI !

Et en guise de cri lancé dans l’espace, non pour me faire entendre mais pour participer à la grande musique de la vie, je choisis cette sublime reprise … et vous, vous vous sentez vivants comment aujourd’hui ???

Commentez !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s