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Sol’iter : Jack White


Que peut-on mettre au monde au printemps 2012, lorsqu’on a déjà enfanté pendant dix ans, certains des plus beaux albums de rock du nouveau millénaire, qu’on a rassemblé autour de soi des musiciens de talents, et derrière eux toute une génération amoureuse tant de la six cordes que de l’esprit écorché qui en émane ? Jack White (ex-White Stripes, The Raconteurs, The Dead Weather) relève le défi haut la main, avec rien moins que Blunderbuss, un très bel album aux tonalités Led Zeppeliniennes, aux structures Rolling Stoniennes, qui flirte, non sans emphase, avec le must de l’esprit rock’n’roll et devrait, si l’on en croit les résultats du dernier sondage ZIKWORLD, ravir nos lecteurs amateurs du genre.

Si cet opus s’ouvre sur un blues-rock très mélodique (« Missing Pieces »), où l’orgue vient apporter une réminiscence des grandes heures du genre (The Doors), force est de constater que Jack White n’en a pas pour autant oublié sa verve punk-rock (« Sixteen Saltines »), qui lui a valu au début des années 2000, un grammy et la consécration de son travail avec The White Stripes. On est pourtant finalement ici très loin des précités, d’un point de vue sonore, mais White livre son propre regard sur un son « années 2000 » dont il aura été finalement l’un des principaux contributeurs. Et tel est bien l’enjeu d’une telle première galette solo : se distinguer, bien entendu (ce qui n’est pas chose aisée), d’une approche de groupe, dessiner peu à peu les pièces manquantes d’une cartographie personnelle qui permette à l’auditeur d’atteindre au sentiment de perfection et d’universalité : faire vibrer par le rock aujourd’hui. Et s’il vous fallait une carte de visite du son Jack White solo, « Weep themselves to sleep » ferait réellement bien l’affaire : piano, guitares, lyrisme et rythmiques s’emballent de concert pour une grande claque rock’n’roll, comme on n’en avait pas entendue depuis longtemps.

C’est certain, le jeune White a bien digéré l’énergie inoubliable et la profondeur d’expression (« Blunderbuss ») de Led Zeppelin, la hargne vocale (« Trash Tongue Talker ») et l’explosion rythmique des Rolling Stones (« Freedom at 21 »), chargées de la musicalité que les années 70’s ont conféré au rock (« Hypocritical Kiss » ne déplairait pas à Supertramp, avec son piano rythmé ultra efficace et ses harmonies parfaites). Des chefs d’oeuvre de rythmes comme « I’m shakin' », à l’apparence si dénudée et pourtant si complexe d’efficacité, n’avaient pas été réalisés depuis Jimi Hendrix. Et l’air de rien, on en fait un bout de chemin avec Blunderbuss, du ranch sudiste (« Hip Poor Boy », « On and on and on »), aux interminables routes américaines (« Take me with you when you go »), le long desquelles Jack White récolte les rythmes, les influences (quasi gospel, blues, country …) et fait revivre chez nous tous ces visages, toutes ces voix qui ont fait le rock. « Love interruption » nous a d’ailleurs donné une inextinguible envie de remettre sur la platine le Wandering Spirit de Mick Jagger (la tonalité « bleue » y serait-elle pour quelque chose ?).

Et ce Blunderbuss est en cela déjà mythique qu’il ne rappelle pas, mais rend à la vie, qu’il ne s’inspire pas, mais crée, ne renie pas mais avance un pas plus loin, parce qu’en 2000, il était grand temps que les White Stripes frappent dans la fourmilière, mais qu’en 2012, une décennie attend en trépignant ses lettres de noblesse : les voilà qui virevoltent en enluminures multi-instrumentales et trans-genres au fil de ces compositions (« I guess I should Go to Sleep » sur lignes de contrebasse et piano joue d’ailleurs avec les limites du genre), tandis que Jack White s’érige en figure de proue décomplexée du rock moderne. Une place (qui lui sied) à râvir, que voilà occupée pour longtemps, à en croire la capacité d’adaptation, l’ouverture musicale du chanteur-guitariste-batteur-compositeur-producteur et l’inattendu génial qui introduit chacune de ses nouvelles aventures. Bonheur, à l’état brut ; on gôute notre plaisir.

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