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Album du Top 10 – Avril 2012 : Wrecking Ball (Bruce Springsteen)


Depuis la nuit des temps, ou presque, puisqu’il s’agit de la 17ème fois, chaque nouvel album de Bruce Springsteen, est toujours un grand moment de musique ; non que tous ses albums aient le même niveau, de finesse, de maturité, d’efficacité rythmique, mais parce qu’aucun ne pêche par facilité. Entre tradition folk et dénonciation politique toujours d’actualité, dans un pays d’autant plus déchiré par les clans, les origines, la crise et la pauvreté en général, la voie suivie par le Boss reste celle du lancer de pavé dans la mare des illusions.

En effet, la modernité ne provient pas du rythme, finalement hérité, comme toujours, de ses cavalcades dans la poussière des routes, et particulièrement celles pavées de bonnes intentions, « asséchées comme des os » en plein désert (« We take care of our own »), dont Springsteen s’est toujours méfié. Mais ici le ton se fait parfois cuivré, comme ce « Wrecking Ball » si représentatif de la violence tant du quotidien, que des outils de cette destruction, que de sa symbolique enfin, comme ici celle du Stadium détruit, que le Boss ne connaît que trop bien, pour l’avoir fréquenté enfant et s’y être produit bien plus tard.

Que dire du chef d’oeuvre « Land of hope and dreams » emporté par le saxophone de Clarence Clemons, saxophoniste du E Strret Band (le groupe de Springsteen) décédé en juin 2011, du gospel « Rocky Ground » et l’on sait l’importance de la Foi pour le chanteur (cf notamment son génial album Diesel & Dust ), de l’électrique « You’ve got it » ? Que le discours est plus que jamais d’actualité :

« Si j’étais un fusil, je m’en irais trouver ces bâtards pour les descendre d’un regard »

balance-t-il sur son « Jack of all trades », comprenez l’incarnation du trader qui éventre l’Amérique des laissés pour compte, morceau qui se termine d’ailleurs sur un solo de Tom Morello (Rage Against The Machine). Les titres de ce nouvel opus sont donc autant de balles qui sifflent (« Death to my Hometown), dans une parfaite opposition (y compris musicale) avec la tradition du rêve américain, incarnée dans ces cornemuses et flutiaux irlandais, qui rappellent les origines des bâtisseurs de l’Amérique nouvelle et libre.

Mais à sa manière et comme à son habitude, Bruce Springsteen ne ferme jamais la porte à l’espoir, et sait cueillir avec une justesse de l’écriture, du ton (et quelle voix !), de la composition, ces rencontres, ces instants, qui sont à eux seuls les gages d’une humanité persistante :

« Ensemble, nous avons conté une histoire, plus ancienne et plus riche de tout ce que peut offrir l’amitié, qui transcende celles que j’ai par ailleurs écrites avec mes chansons et ma musique. » 

B.Springsteen, à propos de sa collaboration avec Clarence Clemons.

 

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