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Album du Top 10 – Avril 2012 : Requiem for the Indifferent (Epica)


Il tombe à point nommer, avec son titre interrogateur, responsabilisant, ce nouvel album d’Epica, Requiem for the indifferent, que la formation néerlandaise de haut vol parvient à inscrire tout à la fois dans la lignée de son travail depuis près de 10 ans, et dans un mouvement plus mélodique que le gothique auquel bien des presses ont déjà tenté de la réduire.

Requiem for the Indifferent n’est pas, en effet, un simple album symphonique de plus, par un groupe de métal avec chanteuse, de trop. Epica a toujours tenu le cap, dès ses débuts, et quelles qu’aient pu être ses noms (Sahara Dust), ses membres (Helena Iren Michaelsen, Ivan Hendrickx, Jeroen Simons, Ad Sluijter et tout dernièrement Yves Huts), ses inspirations, soit disant engagées, d’un métal ultra-mélodique (« Twin Flames »), influencé tant par le power d’un Kamelot, dont l’album Epica a permis de déterminer le nom actuel du groupe, que par les ambiances symphoniques d’un Within Temptation, dont il partage les contrées.

Nous avons eu souvent l’occasion de rappeler dans ces pages que si notamment Moonspell (dont le nouvel opus arrive bientôt) a été, à l’origine de ce son métal gothique dont beaucoup n’ont pas tardé à se réclamer, Within Temptation, avec son opus Enter, s’orientait déjà plutôt vers une dimension mélodique empreinte d’influences simplement death-metal, comme le fera Nightwish par la suite, et qui est un peu celle d’Epica : en partie seulement, car tous ne partagent pas le fait que l’approche rythmique (« Storm the sorrow » ou le génial « Serenade of self-destruction ») prédomine sur les ambiances a priori sombres de leurs compositions (« Internal warfare »).

Epica fait quant à lui la part belle à la section rythmique, et les circonvolutions vocales de Simone Simons ne sont en aucun cas les lignes de force de ses compositions. Le groupe permet ainsi un véritable dialogue lyrique entre voix claire et voix death (« monopoly on truth »), et rend à l’une comme à l’autre le rôle que le métal symphonique des dix dernières années ne lui a jamais conféré (« Avalanche ») : inscrire, à la manière de l’opéra, le chant du côté de la narration, non du ton. On retrouve en cela les premières influences d’un Paradise Lost avant Draconian Times, mêlées à l’énergie rare et communicative du Theli de Therion (« Deep Water Horizon »), autre maître en la matière.

Et si rien n’a réellement été inventé de nouveau depuis les maîtres des années 90, qu’il fait bon se rappeler, il ne faut pas ignorer l’importance que les groupes dans leur virage des années 2000, ont eu dans la diffusion grand public d’un metal par trop cloisonné et méconnu ; c’est dans cet espace par ailleurs cédé aux puristes comme Epica que l’album Requiem for the Indifferent vient se loger (« Guilty Demeanor »), à juste titre. Epica reste pleinement ouvert sur le rock (« Délirium »), sur le métal dans ses composantes les plus ouvertes, du power (« Deter the Tyrant »), au death (« Stay the course »), et jusqu’au black (« Requiem for the indifferent ») ; la superbe frontwoman se gorge d’ailleurs d’influences à mille lieues de ces sonorités, telles que Björk (on la comprend et l’islandaise n’avait-elle pas, de son côté, fait appel à Mike Patton notamment sur son Medulla, reconnaissant au touche à tout, ex-Faith no more, un sens de la composition, de la rythmique et du son unique ou inégalé, c’est certain).

Vous l’aurez compris, si ce nouvel album, déjà marqué à sa sortie par un changement de bassiste, rend un bel hommage à l’influence power d’un Kamelot, dont il tient son nom et auquel le titre qui ouvre l’album, « Karma », est un bien beau clin d’oeil, puisqu’il fait écho à l’un des albums éponymes de Kamelot, Epica parbient à conserver, si ce n’est à réimprimer ici sa marque de fabrique, gage de réussite pour eux et de plaisir pour nous : un death ultra mélodique, des rythmiques en béton (Jansen n’y est pas pour rien et le travail du groupe sous la houlette de Sascha Paeth [NDLR : voir notre article de décembre dernier] porte ses fruits), et un sens de la composition à toute épreuve : il y avait longtemps qu’on n’avait pas pris autant de plaisir à se laisser saisir ainsi ; on vous l’a dit et répété : il fait bon lâcher prise …

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