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Album du Top 10 – Avril 2012 : March of Ghosts (Gazpacho)


Gazpacho n’en est plus à son premier voyage, à sa première rencontre (souvenez-vous Missa Antropos, Firebird), et pourtant le baiser de cette musique reste mortellement envoûtant pour l’auditeur qui se laisse prendre par son aspect sensible, aérien, par les couleurs qui chatoient dans ses envolées progressives …

… au fil d’un « Hell Freezes Over », on découvre le thème qui va servir de passeur aux témoins de l’Histoire, ces fantômes qui, tour à tour, vont venir déposer leur témoignage au creux de notre oreille : l’album March of the Ghosts convie  ainsi un militaire de la première guerre mondiale, d’autres figures plus anciennes encore, qui, chacune à sa manière, vont construire un concept-album riche et complexe. Gazpacho élabore autour de cette idée un univers, jamais lassant, qui, tantôt pop à la manière d’un Turin Brakes (« Hell Freezes Over II »), ou plus rock, chargé d’orchestrations surprenantes (« Gold Star »), projette sur la toile des émotions lumière et noirceur, qui se côtoient alors dans un ballet fantastique.

Ainsi « Black Lily » rappellera aux lecteurs de Chateaubriand ses rondes nocturnes d’enfants sous la lune ; les violoncelle, tuba et autres instruments classiques, jamais ne cèdent aux sirènes de l’à plat orchestral mais plutôt ficellent pour mieux l’emporter chaque note (« Hell Freezes Over III ») ; quant à la voix de Jan-Henrik Ohme, elle inscrit ce March of the ghosts en héritier du travail de Fish avec Marillion, parfois de Pendragon : « Mary Celeste » et son final qui aurait pu figurer sur la BOF de BraveHeart, d’ailleurs Coleridge n’est pas bien loin non plus, avec son Dit du vieux marin. Dans un autre genre, plus oriental, « Golem » rappelle le travail pour le score de Troie. « Hell Freezes Over IV » enfin, en un peu plus de 6 minutes, achève l’épopée de ce grand album, plus proche du travail d’un Steven Wilson avec Porcupine Tree : batterie de Lars-Erik Asp qui claque sec, guitares en riffs prodigieusement pensés côté Vilbo, voix tantôt scandée ou aspirée par la complainte encordées des émotions qui fusent.

Cet album, septième du nom, vient ajouter sa pierre à l’édifice des grands moments de la carrière, déjà longue, de Gazpacho. L’approche conceptuelle ne surprend plus depuis longtemps, et rappelle un album, certes plus métal mais à la prodigieuse portée symphonique et progressive au service d’un témoignage historique : Dead Winter Dead de Savatage. D’autant que le vieil homme au violoncelle, seul sous les bombes de Sarajevo, aurait pu être à son tour convoqué à cette grande marche, dont jamais on ne se lasse, durant laquelle jamais on ne zappe, et il est définitivement difficile de décrocher son attention, ses sensations, de cette voix qui touche parfois au sublime.

On approfondira en outre, autour du concept, le travail visuel d’Antonio Seijas. A très vite pour un nouvel embarquement des sens et de la pensée, enfin réconciliés.

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