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Disc’idéal : Homogenic (Björk)


A peine sortie d’une année pleine de rebondissements, tant personnels que professionnels, Björk tente, de février à mai 1997, de donner un successeur à l’étrange Post, dont elle achève à peine la tournée. Bien qu’Homogenic parle de son Islande natale, Björk fuit la presse en Espagne pour y enregistrer la totalité des titres de ce qui reste aujourd’hui encore, comme son album le plus abouti et le plus apprécié des fans.

Bien que présentant en effet une homogénéité non négligeable, par ce contraste permanent entre modernité structurelle et classicisme orchestral, Homogenic est un album complexe : Si « Hunter » ou « Alarm Call » reprennent la tradition electro que Debut avait ouverte, d’autres morceaux se présentent comme de véritables cris, brisant l’univers parfois trop glacial des sonorités björkiennes, pour livrer de véritables paysages lumineux (« 5 years »), puissants (« Bachelorette« ), grondants (« Unravel« ), où cordes et batterie jouent de concert une véritable symphonie des éléments, des sentiments.

Peu d’artistes sont en réalité parvenus à concentrer dans un album une telle intensité à la fois lancée dans l’espace, et en ce sens le chef d’oeuvre (je pèse mes mots) de Björk, jamais égalé, est bien « JÓGA« , et contrainte, comme pour mieux la laisser gonfler (« Immature »), devenir en un sens universelle et la laisser éclater : « Pluto », titre industriel proche des ambiances d’un Nine Inch Nails, renvoie la techno au berceau de ses illusions : à la fois déstructurant d’un point de vue mental et parfait d’un point de vue musical et rythmique, ce morceau révèle Björk dans l’originalité, l’avant-gardisme, qui lui avait été reconnu très tôt mais dont nul n’avait semble-t-il encore rien vu.

Contraste des contrastes, son « All is full of love« , qui a fait suinter bien des peaux, se crisper bien des pensées dans la solitude d’une écoute nocturne aux couleurs d’errance poétique, vient poser le châle brumeux de sa sensibilité (sensitivité ?) sur la plaie ouverte d’un tel réalisme enfin révélé, d’une telle identité assumée, et tel était bien l’enjeu de Björk sur cet album : donner à entendre son homogénité dans sa différence. N’est-ce pas la quête de la majorité d’entre nous ? La jeune islandaise nous prouve que ce n’est nullement dans l’uniformisation que ce Graâl saurait être trouvé, mais bel et bien dans l’alliance de contraires, d’opposés, qui trouvent dans cette rencontre la transcendance de leur différence, oserait-on dire l’unité de leur origine. Homogenic est à la musique moderne, qu’on la qualifie d’électro, techno, pop, ou je ne sais quel nom d’oiseau, ce que le Kind of Blue de Miles Davis fut au jazz : créateur, initiatique, absolu, suprême.

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