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Album du Top 10 – Février 2012 : Ô, Devotion ! (Liz Green)


Ce qui est beau avec le printemps, c’est la mutiplicité des premiers cris, des échos d’intériorités, des jeunes pousses, innovantes et pourtant bien ancrées dans l’héritage de leurs aînées qui tissent, goutte à goutte, en fils du dégel des sentiments, le rideau de vie derrière lequel se cachera la désastreuse froideur de l’hiver : Ô Devotion ! est de ces premiers instants qui vous lient à jamais, qui marquent votre histoire d’un trait d’eye-liner indélébile, pour que vous regardiez à jamais le monde de la musique avec les yeux doux d’une Liz Green et la saveur inoubliable des beaux fruits retrouvée.

Derrière cette personnalité faussement hautaine, Liz Green ne cache que difficilement la richesse d’un savoir-faire tout autant de composition que d’interprétation : de blues (« Midnight blues ») et de folk (« Displacement song », « Rag & Bone »), la jeune artiste teinte son jazz très ragtime, et dès l’ouverture de ce disque jazz-club (« Hey Joe »), en volutes intimistes magnifiées par les orchestrations classiques (cuivres et cordes) qui apportent profondeur à son propos, nous emmène dans son univers hors du temps, rencontrer son  » Luis « , dans un esprit très Montmartre, pour révéler une figure fragile (« Ostrich song »), sorte de personnage de papier en manque d’attaches parisiennes (« french singer »).

A la manière de ces vieux orgues de barbarie dont le papier surgissait troué, il est difficile de dire si Liz Green imprime ses sentiments sur le paysage sonore d’une Manchester en manque de références réellement pop (« Gallows »), ou si c’est la (no man’s) lande périurbaine d’une Angleterre cadencée de misère économique et de rêverie brouillardeuse, qui a eu raison de la jeune poétesse des rythmes dézingués (« The Quiet », « Bad Medicine »). Toujours est-il que c’est avec un plaisir non dissimulé, qu’en lecteur de Kenneth White, nous ne saurions que trop vous conseiller ce voyage très européen, où Liz Green punaise, sur la carte tendue de cet Ô Devotion !, de sa voix parfois de gorge, rauque et roulante, les patronymes, les toponymes, d’Angleterre jusqu’en Pologne, comme le cheminement le plus sûr vers la plus belle homonymie du coeur. Grand.

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