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E-story : Rock et cinéma


ROCK ET CINE … ET HUMOUR

Attention, l’humour est dangereux pour la santé des gens qui n’en ont pas, vous êtes prévenus ! Même si la fusion n’a pas toujours été évidente, le rock doit énormément au cinéma. En 1954, Bill Haley et ses Comets publient un 45 tours sans grand succès : Rock around the clock … Quelques mois plus tard, le titre est repris pour illustrer la révolte des jeunes étudiants dans le film Blackboard jungle (Graine de violence) et BOUM … numéro un des ventes aux Etats-Unis, puis dans le monde entier, lançant la première vague du rock’n’roll qui donnera à son tour quelques grands films comme les premiers Presley (Jailhouse Rock /Le rock du bagne surtout) ou The Girl can’t help it (La blonde et moi) avec la crème du rock 50’s ET Jayne Mansfield en bombe sexuelle !

Depuis, on a tout connu en matière de film rock : des chefs-d’oeuvre intemporels (A hard day’s night / Quatre garçons dans le vent) des films sympathiques et délirants mélangeant humour et culture rock (Wayne’s World), des reconstitutions d’époque empreints de nostalgie (Almost Famous), des opéra rocks impressionnants et visionnaires (The Wall), quelquefois pompeux et vieillissant mal (Tommy), des docus incontournables (Woodstock), des biopics souvent ratés et lourdeaux (Gainsbourg Vie Héroïque, The Doors) et un nombre incalculable de navets en tous genres (Give my regards to Broadstreet de Paulo Mccartney pour n’en citer qu’un).

Le meilleur film rock de tous les temps reste pour moi le cultissime This Is Spinal Tap de Rob Reiner (Marty DiBergi), avec Christopher Guest (Nigel Tufnel), Michael McKean (David St. Hubbins) & Harry Shearer (Derek Smalls).

« Tu es trop jeune et je suis trop bien membré, mais ce soir je vais te bousculer » («Tonight I’m gonna rock ya tonight»)

Issu des émissions humoristiques de la télé américaine telles que le prestigieux Saturday Night Live, le trio Guest-McKean-Shearer et le réalisateur Rob Reiner vont créer de toutes pièces le groupe de heavy metal anglo-saxon le plus crétin au monde : Spinal Tap.

Ils en écrivent la genèse, une histoire incroyablement détaillée, avec changements fréquents de musiciens, des batteurs qui tombent comme des mouches, des albums aux titres et aux pochettes délirantes, les critiques de ces mêmes disques et une vingtaine de chansons accrocheuses et réussies, racontant à travers elles, toute l’histoire du rock anglais.

Le groupe s’est ainsi appelé au départ The Originals, puis The New Originals lorsqu’il jouait du skiffle dans les rues de East Squatney, une banlieue imaginaire de Londres (All the way home), puis, en devenant un quatuor électrique, prit le nom de The Thamesmen lors de sa période rhythm’n’blues (Gimme some money) pour évoluer vers une pop délicate à la Kinks (Cups and cakes), et devenir après de multiples changements, le légendaire Spinal Tap.

Un Spinal Tap au départ très baba cool qui chante en 67 le pouvoir des fleurs (Listen to the flower people, son premier tube), voir psychédélique (Rainy day sun) pour passer au hard rock métallique au début des années 70. Logo gothique avec umlaut sur le N, Spinal Tap va devenir le groupe le plus lourd (dans tous les sens du terme) de l’Ile de Bretagne avec des albums comme Brainhammer, Intravenus De Milo ou encore Shark Sandwich.

« La critique de l’album «Shark Sandwich» tient à peine en deux mots : shit sandwich ! » (Marty DiBergi)

Qu’il joue un rock épique aux accents celtiques tel «Stonehenge» ou qu’il réécrive les évangiles pour «Rock’n’roll creation», Spinal Tap se frotte à toutes les modes, y compris le disco de «Big bottom» qui leur permet de revenir au sommet, alors que le groupe se lance dans une tournée américaine annoncée triomphale. C’est ainsi que le film commence, cinq musiciens anglais comme tant d’autres avant eux, débarquant à New York afin de conquérir les Etats-Unis (et ses groupies), maquillés comme des voitures volées, portant le concombre haut et fier et explosant les oreilles de leurs fans ravis, le potentiomètre sur 11.

Malheureusement …

« Dans l’ancien temps, plusieurs siècles avant l’aube de l’histoire, vivait un étrange peuple : les druides … » («Stonehenge»)

 (D’AUTRES TRÈS BELLES PHOTOS SUR LE SITE D’ORIGINE : ICI)

 This Is Spinal Tap raconte donc la tournée américaine du groupe, une tournée catastrophique en diable (hé hé hé oui) : les concerts annulés les uns après les autres, la sortie de l’album Smell The Glove qui est sans cesse repoussée pour cause de pochette sexiste (Et alors ? répondra Nigel, y a quoi de mal à être sexy ?) et qui sortira finalement avec une pochette intégralement noire, le matos qui foire sur scène, le groupe qui se perd backstage, un monument de Stonehenge sur scène qui ne fait que 45 centimètres de haut, jusqu’à la copine du chanteur qui s’en mêle et sème la zizanie en s’improvisant manager…

Le pire et c’est bien là où ça fait mal, c’est que cette histoire vient de milles petites anecdotes du rock bien réelles jusqu’à Nigel parodiant Jimmy Page en jouant de la guitare non pas avec un archet mais carrément avec un violon ! De flop en flop, de ratage en ratage, le groupe s’enfonce dans la déprime et après un nouveau concert raté, Nigel Tufnel, le guitariste flamboyant et fondateur du groupe, jette l’éponge. Ayant perdu son guitariste de légende, Spinal Tap tombe dans le free jazz et voit son public se raréfier. Spinal Tap se prépare au split inévitable mais le soir même de son concert d’adieu, miracle … Nigel Tufnel revient pour annoncer que «Sex farm» est un tube surprise au Japon.

Spinal Tap est sauvé, et même la mort de leur nouveau batteur, ne les empêchera de repartir, les amplis sur 11, à l’assaut du public Nippon.

« J’ai toujours été influencé par Bach et Mozart … ce morceau s’appelle «Lèche ma pompe d’amour» » (Nigel Tufnel).

Le film à sa sortie n’obtiendra qu’un succès d’estime, mais depuis sa sortie en VHS, il est passé au fil des ans du statut d’obscur film culte à celui de film légendaire et incontournable.

Visionner SexFarm sur Youtube ICI.

Spinal Tap un faux groupe ?

Vous plaisantez j’espère ?

Dès 1984 le groupe publie la BO du film qui démontre le génie de ces vrais musiciens capables de composer des standards du rock tels que «Stonehenge», «Big bottom» en passant par «Listen to the flower people». Peu après la sortie du film, le groupe publie un single de Noël : Christmas with the devil et démarre sa première vraie tournée américaine. En 1992, Spinal Tap est de retour avec un superbe album sous le bras : Break Like The Wind, une nouvelle tournée et un téléfilm hilarant : The Return Of Spinal Tap, dans lequel on découvre le nouveau groupe de Guest, McKean et Shearer : The Folksmen. Ceux-ci font alors la première partie du Tap, se faisant siffler certains soirs, quelques fans n’ayant pas reconnu leurs héros derrière leurs nouveaux déguisements de Jerry Palter (McKean), Alan Barrows (Christopher Guest) et Mark Shubb (Harry Shearer). En 1995, on les retrouve dans une pub pour IBM (quelle idée!) et un titre resté inédit «Goat boy».

En 2000, ils lancent leur site internet de téléchargement illégal : Tapster, qui ne contient qu’un seul titre : leur récent «Back from the dead». En 2007, ils participent au festival Live Earth à Wembley et publient un nouveau titre sur le réchauffement climatique : «Warmer than hell». Leurs batteurs continuent de mourir régulièrement : Skippy Scuffleton, par exemple, meurt dans l’explosion de son Ipod, alors qu’il téléchargeait un album de Céline Dion. En 2009, Spinal Tap est encore une fois de retour pour son 3e vrai album : Back From The Dead, malheureusement carrément décevant, proposant de nouvelles versions peu réussies de leurs classiques et qui recevra la critique qu’il mérite : Shit sandwich !!!

Heureusement quelques nouveaux titres jusque-là inédits sauvent l’album de la nullité absolue.

« Ma copine me va comme un costard de chair,

J’aime la couler avec ma torpille rose » («Big bottom»)

En 1996, Christopher Guest va reprendre le concept du faux documentaire aux dialogues improvisés, en collaboration avec le comédien Eugene Levy et une bande de joyeux allumés pour plusieurs films  : « Waiting for Guffman » sur les spectacles de province, « Best in show » sur les concours animaliers, « A mighty wind » qui réunit le trio The Folksmen et taille à son tour un costard au folk et « For your consideration » sur la course aux oscars.

« Plus il reste le même et moins il change, c’est la majesté du rock, le mystère du roll » («The majesty of rock»)

© Pascal Schlaefli

2 réflexions sur “E-story : Rock et cinéma

  1. On pourrait aussi parler des moins recherchés mais tout aussi cultes Wayne’s World et son Waynestock avec Aerosmith ou encore Airheads, peu connu en France. A chaque fois ça rocke, ya du chevelu des années 80 et on se marre !

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