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Disc’Idéal : Crime of the Century (Supertramp)


Comme chaque mois, zoom sur un disque incontournable tout droit sorti de notre discothèque idéale …

Lorsqu’il paraît en 1974, Crime of the century marque l’élan tant créatif que commercial de Supertramp, et désigne la formation nouvelle, Rick Davies et Roger Hodgson alternativement au chant, Dougie Thomson à la basse, Bob Siebenberg derrière les fûts et John Helliwell au saxophone, comme celle qui portera les plus grands albums du groupe pendant 30 ans. Pourtant, même si le groupe a déjà démontré par deux fois son savoir-faire de composition, Crime of the Century reste l’album le plus abouti alors et peut-être de toute la carrière du groupe.

L’ouverture, volontairement live de « School », chef d’oeuvre de critique sociale tout en légèreté, qui ouvrira plus d’un concert du groupe par la suite, pose les termes du débat : un album empreint d’orchestrations superbes, où le jazz (piano, saxophone, notamment sur un « Bloody Well Right » incroyable) croise une pop presque éthérée (« Hide in your shell »), qui vaudra à Supertramp d’être associé à la tendance « progressive » de ces années-là. Il faut attendre le dernier titre de la Face A de l’époque (« Asylum »), pour voir se marquer plus nettement la présence de cordes, et une emphase tant rythmique que vocale, portée par un piano  riche, et qui annonce le sublime « Crime of the century ».

Tout en breaks, de batterie ou de voix, la musique de Supertramp quitte avec brio les chemins galvaudés de la pop, en transformant un « Dreamer » sautillant en véritable tremplin sonore pour la suite ; le titre qui permettra d’ailleurs à l’album de s’inscrire en haut des charts, laisse un « Rudy » apparaître, tout en touches colorées, puis, par l’apport de cordes et le recul de la voix qui semble se perdre dans l’espace, beaucoup plus rock. « If everyone was listening » prend ainsi la relève faussement suave, de ce propos social, que piano et clarinette inscrivent directement dans l’espace ouvert de l’échange, que « School » avait initié, à bien rembobiner l’analyse.

Et puis cette voix qui tranche le piano, qui se brise, qui lance son propos dans l’espace, à l’image de l’artwork que le groupe a choisi pour ce opus magistral : « Crime of the century » se présente comme la bande son d’un film, emphatique, sombre, où le piano pose les barreaux de l’enfermement et c’est toute une génération qui s’y trouve confinée et prend conscience, dans le même temps de la multiplicité des voies qui s’ouvre à elle, si ces barreaux disparaissent ; le saxophone achève, appuyé par les cordes, le feu d’artifice des émotions portées par cet opus jamais égalé. On connaîtra Supertramp dans un succès plus pop (« Breakfast in America »), on connaîtra le génie de titres comme « Free as a bird », mais jamais plus un tel concept-album ne présentera la même identité, la même force, la même intégrité musicale. Incontournable, à écouter FORT !

ECOUTE

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