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Chère culture ….


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 Nous citions hier sur notre page Facebook ces mots de Leonard Bernstein :

« La musique ne se vend pas, elle se partage ».

Au regard de réactions qui nous sont parvenues, nous souhaitions clarifier le sens de notre propos : à l’heure du démantèlement de Megaupload, de la soit-disant démission de Filesonic, dont nous n’avons que faire, nous ne rentrions pas dans le débat pour prôner la gratuité de la musique, mais bien au contraire, son absence de prix. Car on ne saurait imaginer que Bernstein se soit attaqué en son temps au prix commercial de la musique, seulement à l’idée de transformer celle-ci en objet mercantile. Et c’est en ce sens, que notre chère culture nous serait chère, non par ce qu’elle rapporte aux artistes, mais parce que ceci n’est pas franchement égal à la somme de ce qu’elle nous coûte, eu égard aux intermédiaires peu regardant – comme on les comprend, rien ne les y oblige !

Chère culture, tu nous es fort heureusement chère dans ce que tu représentes d’apport, d’interrogations, de graines au sillon de nos réflexions, de nos pas, de nos actes, de nos vies. Tu es un peu le liquide amniotique dont nous nous nourrissons chaque seconde, qui nous relie au monde, comme un peu de l’autre en soi, qui nous transforme, dans la durée, parce qu’on n’a jamais réellement fini de naître au monde et à soi. La découverte de la vie passe par la culture, car la culture, c’est la vie.

Aussi la culture n’a-t-elle pas de prix et ne se vend-elle pas. Elle se partage, elle se donne, elle s’offre ou se mérite aussi parfois. Ce qui se vend, c’est son média, son support. Comme je l’écrivais hier soir même, à la sortie d’un concert, on emporte surtout les impacts que chaque note a eu sur notre peau, sur notre sensibilité, on compte chaque vide en soi qu’elle est venue combler, chaque doute qu’elle a su cimenter et c’est cela que l’on a payé avec notre place, non la musique en elle-même. Celle-ci n’est pas à vendre en autant de chaises ou de gradins, pas plus qu’en nombre de disques, sans quoi elle disparaîtrait d’avoir été partagée. Et c’est tout ce qui fait l’importance des artistes : si la musique continue de vivre au-delà de ce soir-là, au-delà de ce disque-là, c’est parce qu’elle est la vie, elle ne saurait être résumée à son seul support de communication. L’artiste vivant, elle PEUT vivre à nouveau, la magie peut à nouveau s’opérer. Et l’on perçoit ici toute l’importance, tant du partage avec l’artiste que de notre contribution à sa (sur)vie. C’est un peu égoïstement le moyen de vivre à nouveau ce partage de la musique.

Aucun support au monde ne saurait égaler ce partage avec l’artiste, et pourtant ces supports sont autant de rappels de cet amour, de cette passion partagée : une photo dans un cadre ne remplacera jamais la personne aimée, mais elle en attise le souvenir jusqu’à la prochaine rencontre. Que croient-ils tous ces vendeurs de vent dématérialisé, que l’on peut remplacer la présence ? Résumer l’humanité à la seule trace de sa présence ? Essayez donc de vous contenter d’un seul sens : l’ouïe, de perdre la vue, le toucher, l’odeur … en somme le goût de la vie ! Croient-ils pouvoir nous convaincre qu’il ne s’agit pas d’un handicap ? Qu’on ne développera que mieux notre sens de la musique et de l’écoute en étant privé de tout ce qui l’entoure ? Avons-nous donc l’espoir de réduire l’autre à sa seule voix ? Nous aimerions bien tristement. Cela n’aurait pas de sens : ce que l’on en voit, ce que l’on en touche, ce que l’on en sent, ce que l’on ressent, n’a-t-il donc aucune importance ? Essayez-donc de vivre une telle expérience sensorielle avec votre iPod, votre Smartphone ou votre box internet ! Il était déjà difficile de lire dans le regard de l’autre son humeur, sa tendresse, sa colère, en format 12*12 et derrière le vitreux boitier : voilà qu’ils voudraient nous vendre l’hypgiaphone de la dématérialisation ?

Nous avons déjà commenté notre regret de ne pouvoir (financièrement plus que techniquement) éditer ZIKWORLD sous la forme d’un véritable magazine papier, et nous n’avons pas renoncé à l’idée de vous proposer une « présence », sous forme d’objet, et pourquoi pas des rencontres « Zikworld ». Je suis certain que certains ne peuvent s’empêcher d’imprimer certains articles pour les lire, vautré dans leur canapé, avec en présence dans la pièce notre album du mois en guise de compagnon de lecture : n’est-ce pas l’idée que l’on peut se faire de la culture partagée au quotidien ? Et celle-ci n’a véritablement pas de prix !

Jeff GARNIER

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