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Album du mois – Janvier 2012 : Hats off to the bull (CHEVELLE)


En musique, comme dans tous les autres arts, on distingue aisément, au-dessus du lot quotidien de médiocrité, les artistes, originaux maladifs, créateurs, fondateurs, défricheurs de voies, initiateurs de mouvement, et les artisans, orfèvres de l’arrangement, qui, s’ils n’initient pas nécessairement, sont initiés et pratiquent leur art avec moult talent, conviction, sans pour autant se départir d’une originalité qui fonde leur longévité. Chevelle fait, de longtemps, partie de ces derniers, qui, après l’inconnu Point #1 en 1999, a toujours délivré des albums de metal remarquables en tous points, depuis bientôt quinze ans, jamais linéaires, et qui lui valent aujourd’hui, avec ce nouveau Hats off to the bull, de râvir la place convoitée chez Zikworld d’Album du mois, détenue le mois dernier, rappelons-le, par le PUSCIFER de James Maynard et cie, rien que ça ! Zoom sur la perle du moment …

Si d’aucun voudrait faire de Chevelle l’héritier (copieur ?) de Tool, dont il emboîte le pas aisément, tant dans le son, croisement rageur de progressivité et d’adrénaline, que dans le ton (la voix de Pete Loeffler en présente le grain, la tessiture, la couleur et avouons-le, la capacité évocatrice et fédératrice), rappelons que l’apparition de ce jeune groupe de Chicago sur la scène internationale vers la fin des années 90’s les place, plus qu’en successeurs, en véritable cheville ouvrière du changement de ton avec l’arrivée d’un néo-metal lourd et peu mélodique (Korn, Deftones) puis d’un Nu-metal fourre-tout (des rock’n’roll Nickelback aux survoltés System of a down) : pendant que la bande à Maynard tenait le cap et développait en parallèle sa progressivité symbole de sa profonde déréliction dans A Perfect Circle, Chevelle livrait à la face des boutonneux pseudo-révolutionnaires, en recherche de headbang drogué et sans esprit, un Wonder what’s next interrogateur à juste titre de l’avenir en équilibre sur ce changement de siècle (nous sommes en 2002, « ce siècle avait deux ans », comme l’écrivit Hugo en son temps), peut-être sans imaginer qu’il en sculpte à sa manière le visage émacié. Chevelle y intégrait déjà le jeu rond et inégalé, quasi extra-terrestre, qui nous avait transporté dès 94 sur le Welcome to sky Valley des texans Kyuss, comme quoi, même le stoner rock avait laissé à Chevelle une envie de grands espaces d’expression.

Deux albums plus tard, Vena Sera (2007) intègre un son électro qui rappelle Helmet dans la brutalité, lorsqu’il ne fait pas le clin d’oeil évident à l’héritage d’un Nine Inch Nails qui n’est jamais bien loin des mémoires (l’album Sci-Fi crimes de 2009 est un bel exemple de cet héritage bien digéré). Chevelle prouve, outre sa capacité à se renouveler et son endurance sur une scène internationale qui zappe les artistes aussi vite que les clips de MTV, une véritable personnalité sonore : lourd, progressif, parfois presque scandé, le son de Chevele vous saisit en ce début d’année directement par le collier, comme ce « Face to the Floor », qui introduit le nouvel album, et qui s’ouvre façon Deftones.

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Des titres comme « Ruse » ou « Envy » vaporisent l’entêtant parfum de la dépendance : est-ce parce que Tool et A Perfect Circle se font attendre que la justesse de ton distille si aisément son venin ? Rendons plutôt grâce à l’orfèvrerie des structures, tant rythmiques (« Revenge »), que synthétiques (les orchestrations sont tout bonnement superbes), à l’originalité rythmique et à la puissance de brûlots comme « Piñata » ou l’éponyme « Hats off to the bull », qui convoquent tous les précités au grand festin sensitif de la vie débridée, du breuvage initiatique du mouvement : et n’est-ce pas ce dont la planète musicale entière avait besoin, à l’instar des peuples réduits au silence par les billets qu’on leur a fourrés dans la gorge avant de les laisser au sol, en guise de sevrage (« Same old trip ») ?

On ne saurait conclure que l’élève a dépassé le maître, tant il apparaît évident, au sortir de l’arène sillonnée de cet album majestueux, que la partie n’est pas finie, que sous ce geste désinvolte face à la brutalité naturelle du monde, Chevelle fait bien figure de maître d’un jeu dont il écrit les règles et dessine les reliefs tout à la fois, sans payer son dû à qui que ce soit : chapeau ! Et les fans de Maynard, Reznor et autres génies créateurs savent qu’une révolution ne se fait jamais seule : en voilà un bel argument à vous mettre sous la dent !

Ecoute sur Youtube : Piñata ou The Medler

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