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2011 revisitée : les (9) inmanquables !


Spéciale décembre oblige, parce qu’en outre, peu de sorties retiennent notre attention (au milieu des très (trop) nombreuses éditions de luxe de Noël), nous avons choisi, au titre du Top 10, de conserver certes l’ALBUM DU MOIS, chroniqué dans ces pages par Olivier LESCROËL, mais de consacrer les neuf autres places aux neuf mois pendant lesquels Zikworld (ex-So What ! Mag) n’a pas eu la chance de vous accompagner cette année, pour cause de gestation.

Voici donc les neuf autres albums qu’il ne fallait pas manquer cette année (qui peuvent également servir de liste au Père Noël) et parmi eux, notre ALBUM DE L’ANNEE 2011 :

« C’est avec sensation, sensitivité, sensibilité, avec la peau, avec les pores, avec la tête, avec les rêves, avec les blessures, les désespoirs aussi, quoi ! avec humanité qu’un tel joyau s’écrit, c’est sûr ! »

Jeff GARNIER

N’en oubliez pas pour autant nos albums du mois d’Octobre et novembre :

  • Octobre : Velociraptor ! (Kasabian)
  • Novembre : Lulu (Lou Reed & Metallica)

ALBUM DE L’ANNEE 2011 : Perfect Darkness (FINK)

Cela fait des années déjà que les rythmiques évidentes, au sens où rien ne saurait expliquer, à part le talent, leur capacité à se saisir de nous pour tour à tour nous porter, nous emmenez (au sens où JJ GOLDMAN l’entendait il y a 30 ans déjà), indissociablement liées à ce timbre de voix rassurant tout autant qu’onirique, avaient inscrit Fink dans les valeurs sûres Zikworld, à suivre urgemment. 2011 venait souffler une bougie de plus, pour nous plonger dans l’obscurité sublime d’un nouvel album qui ne cède en rien à la facilité : les rythmiques sont pures, les arrangements époustoufflants de justesse, la voix humble et puissante convoque une tripotée de comparses à ce festin, tour à tour folk, rock, pop. Artiste trans-genre par excellence, Fink, qui nous a fait l’honneur d’un (unique !) plateau TV en France, se devait de figurer à cette place : artiste de l’année, il ne pouvait l’être, car nous ne le connaissions que trop bien, mais un tel album trône avec fierté largement au-dessus du lot. Le voilà donc album de l’année 2011 ! C’est avec sensation, sensitivité, sensibilité, avec la peau, avec les pores, avec la tête, avec les rêves, avec les blessures, les désespoirs aussi, quoi ! avec humanité qu’un tel joyau s’écrit, c’est sûr ! Gageons que c’est avec cette ferveur et cette excitation d’une première (ou nouvelle) rencontre, que vous y entrerez, la bougie à la main.

Angles (The Strokes)

Décidément, les Strokes ont de plus en plus les (faux) défauts des grands noms du rock : d’album en album toujours plus surprenants, et même si les puristes ont vu dans le génial First Impressions of Earth un son trop pourléché (n’était-ce pas la critique d’Images & Words ? Celle d’ …And Justice for all ? celle de King for a day … ? devenus depuis des références hors genres, hors temps, hors tout !), force est de constater que le groupe n’arrondit en rien les angles avec ce nouvel opus : de la pop la plus sursautante à l’électro hérité (fort dignement) des 80’s et des maîtres Depeche Mode, en passant par le rock provocateur qu’Arctic Monkeys tenait jusque là d’une main de maître (le Suck and see – cru 2011, nous a moins convaincus, comme quoi !), cette nouvelle galette s’impose comme l’une des meilleures de l’année : on presse un « play » et (re) »play » avec le plus grand plaisir, jamais rassasié, ou tout bonnement envoûté : révolution bourgeoise aidant au gain de particule, si la pop doit aujourd’hui écrire ses lettres de noblesse au nombre de disques vendus et de « j’aime » facebookien arrachés aus fans de rock allégé et froid (qui a dit Cold…), qu’on se le dise, The Strokes ne sera pas de celle-là. Profondément rock dans l’esprit, leur musique honnête et efficace gagne moins à être universellement reconnue qu’individuellement appréciée : souvenez-vous du printemps 2011 avec ces Angles : allez, dansez maintenant !

Colour of the Trap (Miles Kane)

Toujours aussi indiscipliné, il n’y a qu’en matière de musique que Miles Kane, leader des talentueux Rascals et, ce n’est pas rien de le rappeler, prêteur de voix pour le génial projet The Last Shadow Puppets, qu’il anime avec le guiatriste émérite d’Arctic Monkeys, ne plaisante pas : son opus solo Colour of the trap est à l’image de sa rigueur, de sa ténacité et ne cède nullement à la facilité. C’est ainsi qu’avec une aisance déconcertante que l’une des plus grandes voix du rock actuel jongle entre refrains poppisants, rock’n ‘roll très roll d’ailleurs, apparence Beatles, grande gueule Stonique et talent unique ou presque : avec les Strokes et les Singes ar(c)tistes, on tient vraiment l’une des veines les plus nourissantes de la scène internationale actuelle, au sens créatif du terme. Un vrai bel album.

Volcanic Sunlight (Saul Williams)
 
2011 sera à ranger au rang de ces années glauques et froides, où n’ont surnagé finalement que peu de moments glorieux dans un monde qui regarde ses membres gangrainés en n’osant pas s’en séparer. Heureusement, de la lave sourde et chaude de l’envie, de l’imaginaire, de la ferveur, de l’énergie, quoi d’autre, de l’originalité , surgit toujours à point nommé  la couleur nécessaire à repeindre l’avenir, pour mieux ensevelir les erreurs du passé : n’est-ce pas ce que parvient à faire le Volcanic Sunlight du sieur Williams, non pas le Robbie toiletté de ses dames, mais l’explosif et funky touche-à-tout.

Zikworld vous réserve un éclairage tout particulier sur le travail de Saul Williams et de quelques autres dans les semaines à venir. Mais ce travail ne devait pas nous empêcher de livrer dans l’éventail coloré des TRES grandes surprises de cette année, cet album haut en couleurs, en rythmes, en orchestrations, en tessitures, en mouvement : quelque chose entre l’album et le live, une rencontre sonore presque palpable, et une formidable envie de participer. C’est beau, tout simplement. On ne sait pas comment ça s’appelle (ou doit s’appeler) : c’est un vrai grand moment de notre vie, en soi, avec soi, pour soi, mais indéniablement, de lui et de personne d’autre. What else ?

Tamer Animals (Other Lives)

Perturbant, ce disque l’est, autant que l’esprit qui l’anime semble perturbé. Les Other Lives,  présentés injustement comme les nouveaux … quelque chose (nous ne citerons pas cette référence absurde, ce qui ne ferait que l’animer), délivre un album intimiste, crépusculaire, où folk, électro et instrumentations en tous genres flirtent délicatement, à la lumière baissante. Jamais on ne sombre en parfaite obscurité, car ce Tamer Animals, finement construit, jamais facile, parvient réellement à mêler à sa danse nocturne, le ballet des références cinématographiques, convoquant la  troupe surréaliste du ballet d’Il y a des jours et des lunes, comme les héros introspectifs et sombres d’un Western années 60.

Ainsi les Other Lives, à la manière d’un Flaming Lips  (qui nous semble être une référence valide celle-ci), déclinent avec justesse, parcimonie, sans jamais tomber dans la caricature, une pop éthérée, en touches plus ou moins colorées, qui, avec le recul (des mois) donne à 2011 une tonalité qui lui convient parfaitement, entre crise économique et besoin d’échappatoire. Moins sombre qu’un Dead Can Dance, le travail d‘Other Lives parvient tout de même à en égaler la sensitivité, dût-elle se révéler un rien frissonnante. 

Don’t Explain (Beth Hart & Joe Bonamassa)

 Nous l’évoquions rapidement en octobre, le Don’t Explain né de la rencontre entre Beth Hart dite « la voix » et Joe Bonamassa (dont l’actualité 2011 a été très chargée finalement) est sans doute l’un des meilleurs disques de rock bluesy et soul des vingt dernières années. Avait-on d’ailleurs déjà entendu ça, comme ça ? Leur musique s’ouvre, comme autant de fleurs prêtes à laisser s’évaporer, pour mieux se mêler à l’espace de notre imaginaire tendu comme une toile blanche, le saisissant parfum d’une rencontre, entre cordes vocales et cordes tressées et de ce fil tendu comme un arc, chaque titre finit-il poinsonné au coeur, comme autant de semences fixant à jamais ladite toile des émotions reçues : il ne reste qu’à trouver  LA place  d’un tel album, à choisir l’éclairage, comme on choisit le moment pour déclarer certaines choses de la vie.

J’ai bien le souvenir de ces moments uniques, qui se sont appelés Tracy Chapman ou Ben Harper et qui devront maintenant faire place, au fond de ma mémoire, à ces deux-là de plus, sans qu’il ne soit besoin d’expliquer quoi que ce soit. On finit toujours par céder aux évidences …

Selah Sue (Selah Sue)

Si Fink emporte haut la main le côté production saisissante, Selah Sue s’impose quant à elle comme l’ARTISTE 2011, véritable révélation, pour Zikworld, de l’avenir de la soul, non sur son côté R’n’B agitateur de foule, mais côté off, intimiste et fragile, tout en restant dynamique.

Dès la première écoute, cet album éponyme a revêtu cette sincérité de délivrance (dans tous les sens du terme) que nous attendions (en vain, au regard de la décroissance dès le second album) d’Ayo, épleurés que nous étions restés, orphelins, de Fugees disparus trop tôt, et d’une Lauryn Hill en perte d’inspiration, après avoir livré l’album le plus sensitif, écorché, volontaire, rebelle en somme, de l’histoire de la soul et des années 2000 par la même occasion : son Unplugged incontournable.

C’est ce bûcher groove, que la dame attise à grand renfort d’influences reggae, rock, jazzy, à chaque titre. Derrière ce minois mâlin et séducteur, ses brûlots de composition, sculptés par sa voix rauque, unique, qui se joue des genres et des ambiances, défilent, sur le fil tendu qui nous relie instinctivement à l’artiste. Les premières échappées live de la demoiselle nous ont prouvé tant son charisme que son plaisir de partager avec le public. On ne peut qu’espérer que Selah Sue dévoilera très vite de nouvelles bombes aussi groovy, capables d’abattre enfin le mur qui persiste entre amateurs de sons et amateurs de rythmes, comme si le public jazz, hip-hop et rock ne pouvait célébrer ensemble la naissance d’un tel joyau, porteur de sens et annonciateur d’un avenir coloré.

Soul is heavy (Nneka)

Dès son premier album, d’aucune plume journalistique (ou commerciale, à moins qu’il ne se soit agit des mêmes) avait tenté de faire de Nneka la nouvelle Lauryn Hill. Vous imaginez sans mal, lecteur au long cours que vous finissez par devenir, de nos avis parfois originaux et tranchants, que nous nous étions rapidement jeté sur cette pépite. Il ne fallut pas longtemps pour nous rendre compte du stratagème  puisque, nous le disons et l’assumons haut et fort, la musique de Nneka n’a rien à voir avec celle de la précitée princesse des Fugees.

Tout au plus la couleur soul de leur musique (et je parle bien de celle des Fugees, nullement de celle de Mrs Hill), parle-t-elle d’une même voix sincère, dans un espace sans fioritures techniques. Ce n’est donc nullement là que réside la force de Nneka et de son nouvel album Soul is heavy : chaque titre frappe, et frappe fort. Les rythmiques, brutes, sont puissantes, tantôt endiablées ou lassives, elles ont vite fait d’emmener l’auditeur dans ces contrées  sableuses de la rencontre entre tradition et modernité. Hétitière de la soul funky des 70’s tenue de main de maître par Fela Kuti et consorts, défenseurs d’un rythme et de compositions complexes susceptibles d’une part de refléter la force de leur sentiment de révolte et d’autre part de permettre sa mise en mouvement, Nneka donne tout sans détours. En cela cette soul ne saurait être mieux qualifiée que par l’adjectif heavy (lourde, en français).

Otons donc le voile illusoire des comparaisons, des adjectifs commerciaux, pour révéler, derrière le visage volontaire et conscient (au sens où l’écriture n’est pas en reste dans cet album, pas plus que dans les précédents d’ailleurs), la corolle irisée de ces titres à même de donner la vie, dans le même temps qu’ils semblent intérieurement fermer les yeux, pour le repos donner, au passé douloureux d’une population toujours digne et debout. Voilà un doublement de consonne porteur d’un dédoublement de talent : à suivre, à vivre, d’urgence.

 Erem (Ákos SZELEVENYI,Gildas ETEVENARD)

Enfin sorti (lui aussi) de son aventure devenue mésaventure Unversal, Akosh S. (de son vrai nom Szelevényi Ákos), s’est lancé dans de nouvelles tribulations musicales transfrontalières. Le saxophoniste hongrois a trouvé en la personnalité de Gildas Ethevenard, touche-à-tout trompettiste, tour à tour batteur et percussionniste, un bel appui. C’est dans la Méson marseillaise qu’est ainsi né l’excellent Erem, venu clôturé l’année 2011 en beauté, second album du duo après le magique Nem Kellet Volna.

Force est de constater que si le disque du duo est moins enflammé (ingérable ?) que ce que le saxophoniste nous avait donné à entendre avec son groupe, les titres conservent un sens rythmiques rare et une énergie mystique : l’harmonium ou la clarinette virevoltent avec le gardon et (??) des gongs venus d’on ne sait où, et peu à peu, se mêlant aux voix, c’est un jazz décomplexé bien que furieusement riche de sonorités et d’explorations sensorielles, qui se construit sous nos yeux émerveillés. Un morceau de 20 minutes comme « Tudat » est un véritable espace ouvert sur le monde, où se réunissent les voix de la tradition, le saxophone de la modernité, dans un free jazz sans frontières. Il devient difficile de qualifier d’unique Akosh S., tant il nous a prouvé à maintes reprises, ces denières années, sa capacité à se renouveler lui-même, comme un nouveau visage, à chaque fois. Qu’il fait bon les cotoyer tous, dans le partage d’une musique humble et profondément humaine.

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