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Zoom sur la galaxie Maynard : une anthologie infernale


Contexte :

Faire du nouveau Puscifer, Conditions of my parole, l’album du mois, était, plus qu’une simple occasion, une volonté de mettre l’accent sur le travail du touche-à-tout James Maynard, leader très tôt de formations inclassables, dont certaines ont depuis près de 20 ans tracé les sillons (sonores) dans lesquels ont poussé les plus belles créations du rock, dont beaucoup oublient ce terreau dont elles sont issues, avec ce manque d’humilité, propre à la jeunesse :

Tool, A Perfect Circle, Puscifer, sont ainsi autant de noms, de sons, d’albums, qui ont façonné de main de maître, après plus de 10 ans de travail, à l’instar d’un Mike Patton et de ses nombreuses (dé)formations, d’un Trent Reznor en constante mutation, le son du siècle nouveau … Zikworld vous propose d’attacher vos ceintures, pour une plongée au coeur de la galaxie infernale … Maynard !

TOOL

Après des Children of the anachronistic Dynasty, et autres TexAns, avant même que les années 90’s n’aient ouvert leurs portes transgenres (n’ont-elles pas été, entre autres, les années grunge, hardcore, hip-hop, électro … ), répondant tant à l’enjeu d’une génération en peine d’accent propre à révéler sa déréliction, qu’au besoin de la planète musicale de renouveler ses fondamentaux (le cylcle des 20 ans ne s’est d’ailleurs encore pas démenti de ce point de vue), James Keenan Maynard, originaire de l’Ohio (USA) brise la glace avec son nouveau jouet (nouvel outil ?) : Tool

Outre ses collaborations sonores avec Rage Against The Machine, Deftones, ce compositeur de génie est très vite animé par un esprit de révolte qui va innonder ses compositions. A l’instar d’un Mike Patton capable de juguler sa colère pour la mieux faire exploser la seconde d’après, James parvient avec une aisance déconcertante, à développer ce que d’aucun nommera progressif, une musique lancinante, épaisse, forte de cette puissance et de cette rage, très 90’s, qui ont enfanté les Deftones, Korn, mêlée à la complexité des tessitures, explorée par ailleurs par le monde électro (Massive Attack notamment, mais également Prodigy, Nine Inch Nails …). Maynard et Reznor monteront d’ailleurs ensemble Tapeworm, un projet malheureusement avorté. Ainsi, Tool, c’est la sincérité d’un son, brut, livré dans ce qui le caractérise le mieux : son origine instrumentale, c’est une batterie lourde et cassante, c’est des orchestrations faites de la matière sonore même, sans fioritures, et peu à peu s’écrit chaque titre, qui participe de cet immense rouleau stellaire jusqu’au trou noir sonore …

Indescriptible, bien que rock, metal diront certains frustrés du classement, la musique de Tool est avant tout une aventure sonore et humaine, avec ses cris de rage et ses humeurs latentes. En (finalement) peu d’albums, James Maynard et ses confrères ont redonné là à toute une génération, ses lettres de noblesse, en lettres de sang. Car l’univers Tool est parfois glauque de prime abord, mais résolument humain, sensoriel, épidermique, au point de creuser cette matière du corps et de l’esprit de manière onirique. S’y ajoute et s’en abreuve l’excentricité scénique de James Maynard (jouant dos au public, où chantant dans un mégaphone digne des plus belles manifestations syndicales françaises). Tool est assurément à ce jour l’une des meilleures ma(t)nière rock pour se sentir vivant !

A PERFECT CIRCLE (APC)

Billy Howerdel, en sus d’avoir travaillé au sein et/ou avec Nine Inch Nails, The Smashing Pumpkins, Fishbone, mais aussi Guns N’ Roses, a été guitariste en renfort pour Tool. Lorsqu’il décide de monter son propre groupe, il n’a alors que l’embarras du choix : si très vite Maynard James Keenan, s’impose comme future voix d’A perfect Circle, Billy parvient à associer au projet de grandes pointures comme Tim Alexander, batteur de Primus, la bassiste (accessoirement violoniste) Paz Lenchantin et Troy Van Leeuwen, guitariste de Queens Of The Stone Age. Des bouleversements nécessiteront rapidement des musiciens de remplacement : Jeordie White (Marilyn Manson) et James Iha (Smashing Pumpkins) seront de ceux-là.

Le superbe premier opus, sorti en 2000, Mer de noms, tout à la fois révèle le groupe, son univers mystique, sa couleur sonore si particulière, son imagerie surréaliste et noire, et achève de faire de James Maynard l’une des voix les plus attendues du siècle nouveau. La vedette n’étant pas le pourtant principal compositeur Howerdel, et les calendriers des différents groupes parallèles et projets solos n’aidant pas, après un très bon second opus Thirteen Step et l’expérience engagée Emotive (album de covers de titres pour la paix), APC ne donna plus signe de vie. La reformation attendra 2010 officiellement et 2011 verra quelques concerts … qu’en sera-t-il de 2012 ? Avec le nouvel opus de Tool très attendu et l’annonce de ce nouveau départ pour APC, ce pourrait bien être là une véritable année Maynard !

Il est difficile de décrire l’univers sombre d’A Perfect Circle. Dans « The golden Rod » et autres clips provocateurs, le Texan Maynard tire à boulets rouges sur tous les clichés d’une Amérique puritaine par ailleurs engagée dans l’exploitation des ressources de pays tout juste bons à assouvir ses délires égémoniques. Déconcertant.

Mais avec Emotive, APC marque définitivement les esprits : la reprise lancinante, sourde à tout élan positif du « Imagine » de John Lennon, fait couler de l’encre. La bande à Maynard associe profit, guerre, pétrole, masses, dans un grand jeu de dupe, dont on ne sortira pas vivants. Scandale pour les uns, chef-d’oeuvre pour les autres, cet album aura finalement rendu au siècle débutant cette couleur que l’actualité ne dément toujours pas : Amérique de l’après 11 septembre en quête d’identité, monde de l’économie galoppante et trébuchnate, en parfait manque d’humanité.

APC reste ainsi, en complément de Tool, un son unique de la scène rock actuelle.

DISCOTHEQUE :

Quand on s’attaque à une telle production d’albums de qualité, il est bien difficile d’une part de s’y retrouver sur ceux susceptibles de représenter l’artiste concerné et ceux, parfois différents, capables d’avoir impacté le genre, la période, voire l’histoire toute entièrede la musique. Voici donc, selon So What, les meilleures pistes pour découvrir ou approfondir cette galaxie Maynard que nous vous avons présentée dans ce dossier spécial … Avec cette sélection, vous entrerez dans l’univers sonore de chaque groupe mais pourrez également saisir ce fil ténu qui fait de la carrière de Maynard une oeuvre logique, où chaque groupe, et a fortiori chaque oeuvre, vient s’ajouter comme pierre angulaire, complémentaire : l’Aenima de Tool, souvent considéré comme un album difficile d’accès est tout simplement captivant : la richesse sonore, les instrumentations, la qualité de composition, le chant rageur ou obnubilant trouvent écho chez le spirituel Mer de noms d’A Perfect Circle, et en 2011 dans les tessitures du dernier Puscifer. L’expérimentation sonore qui soutendait depuis toujours le travail de Tool explose dans un V for Vagina, véritable introspection à l’origine du travail de Maynard : tous les outils sont là, qui conditionnent l’expression de cette vitalité si caractéristique et pourtant si universelle.

Les albums conseillés :

TOOL
Aenima (1996)
La te ra lus (2001)
10 000 Days (2006)

A PERFECT CIRCLE
Mer de noms (2000)
E-motive (2004)

PUSCIFER
V is for Vagina (2007)
Conditions of my parole (2011)

PUSCIFER

A sa sortie, le prmier album de Puscifer est vite classé, par les quelques critiques qui ont accepté d’y prêter une oreille, comme production d’un super groupe (rassemblement de pointures qui ne dure jamais bien longtemps mais colmate les fissures médiatiques et arrondit les fins de mois), ce qu’il n’est assurément pas.

Certes, James Maynard y est entouré si ce n’est des plus talentueux musiciens du moment, de personnes ayant collaboré ces quinze dernières années aux plus grandes avancées sonores du rock, des Nine Inch Nails (cf. notre Disc’idéal de novembre évoquant l’impact musical du travail du sieur Reznor et de ses comparses) au Queens of the stone Age (héritiers d’un Kyuss étiqueté stoner rock, qui est l’auteur d’une galette absolument saisissante de sensations sonores, qui a fortement influencé Maynard, j’ai cité le disque chroniqué dans notre Muse Zic d’octobre : Welcome to Sky Valley), en passant par les plus gros bidouilleurs de l’électro.

Notre jolie infirmière luciférienne a donc plus d’une dentelle pour décorer les conturs alléchants de sa musique éminamment progressive, n’en déplaise aux journalistes qui voient dans ce terme galvaudé (l’est-il vraiment d’ailleurs ?) un fourre-tout désigant une pluralité sonore déconcertante et inclassable.

C’est en se souvenant de la définiton avancée (à juste titre) par Dominique Dupuis dans l’indispensable Progressive Rock Vinyls : Histoire subjective du rock progressif à travers 40 ans de Vinyles (Editions Ereme, 2009), que nous soutenons, en dépit du fait que nous l’appliquons à un groupe américain (il y avait déjà Dream Theater après tout), alors même que le rock progressif est avant tout, historiquement, européen, que Puscifer est profondément progressif et ouvre la voie, certes sonore, mais aussi plus largement culturelle et humaine, d’une autre dimension pas uniquement musicale …

« Et si le rock progressif était plus une quête de l’individu que le reflet d’une culture populaire de masse … »

Dominique DUPUIS

EXTENDED IDEAS

PUSCIFER n’est l’auteur que de deux albums  officiellement : V is for vagina et Conditions of my parole (disque du mois Zikworld pour décembre 2011 – Cf notre chronique). Pourtant, jamais en manque d’inspiration, James Maynard et Puscifer ont fait paraître, pour amateurs de recherches sonores, quelques très bons maxis EP :
-V is for viagra : the vagina remix
– D is for Dubby : the dub remix
– Sound into blood into wine

Si le premier est un peu déconcertant, le second appporte un réel nouvel éclairage, par un rock matiné de dub cool,  presque reggae par moment, qui n’est pas sans rappeler le travail de Mike Patton avec Peeping Tom. Le dernier EP, sorti en 2010, est quant à lui plus rock electro, empreint de cette texture si particulière, héritée de l’univers des musiques de films. Pour les inconditionnels tout de même.

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