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Album du mois – Décembre 2011 : Conditions of my parole (Puscifer)


Derrière cette pochette atrocement kitch (non, non, il ne s’agit pas
d’un musical de la croisière s’amuse), flanquée d’un nom qui prête
toujours autant à sourire, se cache pourtant l’un des meilleurs albums de l’année 2011… Si si madame ! 2nd assaut du groupe auto-proclamé de Maynard James Keenan ( la voix obsidienne de l’entité musicale TOOL), Conditions of my parole relève en effet autant le sens de la dérision que du savoir faire.

A l’instar d’un Josh Homme sur son projet décomplexé Eagles of death metal, MJK (pour les intimes de la métal-sphère) entend avec Puscifer, s’amuser formellement de l’iconographie rock (le monsieur est fan de Kiss et du bon vin, il convient de le rappeler), sans pour autant négliger l’approche de fond. Etait-il permis d’en douter suite aux précédentes fugues réussies du fantasque frontman (2 cercles parfaits, et une première virée dans un enfer vaginal assez excitante) hors de sa formation d’origine ?

Certes non, mais de là à oser encore nous surprendre par un déploiement d’harmonies vocales à la beauté inédite et des compositions sculptées dans l’or fin, s’embrassant sous une lave progressive … On l’admettra sans hypocrisie, V for Vagina, derrière ses pertinentes expérimentations electro-rock, bénéficiait surtout du crédit que l’on accorde sans compter aux intervenants talentueux d’un super-groupe fraichement débarqué : une assise rock grâce à Tim Alexander (ex batteur de Primus) derrière les fûts, et Alain Johannes, guitariste intermittent pour Queen Of The Stone Age (QOTSA) ; la gageure industrielle de l’album étant assurée par Lustmord, grand pote de TOOL et dragueur réputé de sons ambiants, Josh Eustis de Telefon Tel Aviv aux programmations, ainsi que 3 transfuges de Nine Inch Nails (NIN) : Alan Moulder à la prod’, Alessandro Cortini aux synthés, et Danny Lohner ex-bassite pour Reznor, déjà impliqué aux côtés de Keenan dans A Perfect Circle (APC).

La donne, l’attente et surtout le challenge n’étaient donc plus ici les mêmes, sur un terrain où Maynard s’annonçait désormais comme le principal joueur d’une équipe re-serrée (et surtout remaniée). Mais la prise de risque n’est-elle pas le moteur de toute vraie remise en question ? Fort d’une démarche créative plus subtile (osons le terme de ‘raffinée’), ouvrant le déploiement électronique sur un horizon beaucoup plus pop ( au sens noble du terme) et complètement débarrassé de ses oripeaux indus’, le leader d’APC réussit à nourrir son side-project du génie qui accompagne les œuvres novatrices et audacieuses.

Un contexte décomplexé, qui offre à la voix chaude et lascive qu’on lui connaissait de nouveaux sols eurythmiques à fouler. Bousculant les règles de son art, dès l’ouverture avec un ‘Tiny Monsters’ vaporeux, rejoint bientôt par cette prière mélancolique à la terre, ‘Monsoons’, avant de réveiller les instincts primaires de l’amant blessé dans sa virilité sur l’électrisant ‘Toma’. L’ambiance est au diapason, et se pare de tempos diablement cadencés (‘Telling Ghosts’ enrobé par son intro Toolesque et ses synthétiseurs Carpenteriens, ‘Man Overboard’ et ses dichotomies sonores), les modulations et les ascensions progressives sont privilégiées au détriment des sons ‘coup de poing’ qui frappaient parfois sèchement le premier album, et à cet égard, le casting vocal féminin judicieusement trié sur le volet fait mouche : Juliette Commagère, gorge céleste (déjà réquisitionnée par AIR) y sème son chant gracieux, dans les creusées lyriques du père Maynard (l’aérien ‘Oceans’), tandis que la génialissime Carina Round (guest deluxe, largement exploitée sur l’album) offre des duos de toute beauté (sirène lascive, posée sur le rock de ‘The Weaver’, ou fil d’ariane dans le sombre dédale vocal de ‘Rapture’), lorsqu’elle n’emporte pas tout simplement la mise (saigneuse de chair de poule sur la délicieuse comptine country ‘Tumbleweed’).

Au final, le résultat, érotique et endiablée, s’impose comme d’une élégance rare, et redonne toute sa légitimité à un side-project que beaucoup de détracteurs du premier opus, considéraient à tort comme un défouloir de potes. Et bien raté, derrière l’organique TOOL et le vénéneux A Perfect Circle, Puscifer prouve par ce second album qu’il est bien le troisième GRAND groupe de Keenan.

Par Olivier LESCROEL

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