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INTERVIEW : Céline Pessoa


Comme chaque mois, So What a posé, tradition oblige au nombre de cinq, ses questions à des artistes, en lien avec l’actualité (et la leur). En ce mois de novembre, c’est Céline Pessoa, groupe composé d’Adrienne Jacquier et Sébastien Boucher, comme son nom, hérité de leur amour pour deux grands écrivains, ne l’indique pas, qui s’est prêté au jeu.

Céline PéssoaSO WHAT : Textes engagés, reprise du « Temps des cerises » avec sa symbolique révolutionnaire : quel sens donnez-vous l’un et l’autre au mot « engagement » dans le contexte actuel ?

Sébastien : Et oui, « le temps des cerises » symbolise à lui seul l’engagement. Parce quil est le chant de la Commune,  une des rares révolutions populaires qui, même si elle n’a duré que le temps d’un printemps, et s’est  soldée dans le sang, na pas été vaine (elle a persit sur le long terme de nombreuses avancées sociales et la consolidation de la 3ème République). Pour moi, sengager c’est savoir se projeter au-delà de sa propre  condition, c’est savoir démêler l’intérêt général de ses petits intérêts privés, c’est sinscrire dans plus grand que soi.

 » S’engager aujourdhui, comme de tous temps, c’est ne pas céder à la philosophie fataliste, celle de l’à quoi bonisme. «  Adrienne

Adrienne : Aujourdhui, période charnière, nous navons jamais été aussi riches matériellement (en occident), mais paradoxalement nous n’avons jamais été plus angoissés ni plus dépressifs ! Nous sommes tous compressés par un système qui encourage nos frustrations. Lorsque l’on possède (ou que l’on croit posséder), on a peur de perdre, on s’immobilise. On est toujours plus fort et libre lorsque l’on a rien à perdre ! Et bien sûr on ressent tous qu’après l’ascension vient la récession. Alors s’engager aujourdhui, comme de tous temps, c’est ne pas céder à la philosophie fataliste, celle de l’ « à quoi bonisme », celle où l’on se dit : après tout je n’y peux rien,  je n’y changerai rien. S’engager c’est être propriétaire de son destin, c’est croire à la philosophie du libre arbitre, c’est être persuadé de son pouvoir de changer le monde.

My Photos par SO WHAT: A l’heure de la mondialisation, vous faites partie des artistes qui privilégient leur langue d’origine : est-ce un parti pris ? Quel sens a-t-il ?

Adrienne : Nous privilégions le Français tout dabord par facilité, c’est notre langue maternelle et la seule que nous maîtrisons! Et puis le Français est riche en nuances, en doubles sens où un mot sous-entend et cite beaucoup d’autres choses.

Sébastien : Nous préférons le Français car nous favorisons le contenu et la réflexion. Même si l’Anglais nous offrirait l’universalisme, l’Anglais c’est avant  tout la langue de l’action.

SO WHAT : Vous associez livre et musique, portez haut les couleurs de grands écrivains – même si peu reconnus à certains moments : quel rapport votre travail musical entretient-il avec l’écriture ?

Adrienne : L’écriture, les mots, sont l’outil n°1 de l’humanité ! Les mots donnent du pouvoir, ce sont eux qui conditionnent notre pensée et cest par eux que tout s’invente, que tout se maîtrise, que tout se fait ! «  Au commencement était le verbe ». Sans mots nous serions ballottés par des sensations vagues, sans prises pour analyser et transformer le monde. Et puis comme l’humain est un animal social, sans communication, on serait mal barré ! Bien sûr les mots nexpriment pas tout, mais c’est le meilleur moyen que l’humanité ait trouvé.

SO WHAT : Avec l’image ? Pensez-vous qu’elle puisse jouer le rôle d’un media universel ?

Sébastien : Bien sûr l’image est plus universelle que la langue, dans le cadre de notre réflexion elle complète le travail de l’écrit. Dans notre société de l’image, elle est plus accessible, mais attention : l’image a ses limites, il faut prendre garde à ne pas se contenter de raccourcis. C’est d’ailleurs le problème de notre époque.

Céline PéssoaSO WHAT : Après l’écriture – musique, quel nouveau défi à venir ?

Adrienne : Actuellement nous cherchons à gagner en visibilité grâce à notre CD Le bruit, la fureur, le tumulte et le fracas, qui comprend un scoopitone (une peinture animée – NDLR : voir la vidéo sur leur site et notre chronique), qui illustre « le nouveau temps des cerises » . Nous préparons un spectacle et une tournée à partir du  printemps 2012 et présentons en avant première notre spectacle le 16 décembre à 21h au Théâtre de la Reine Blanche (NDLR : Paris). Et sur le long terme, nous travaillons à un nouveau livre-album, qui sintitulera «paradigme », et aura pour thème nos réflexes intellectuels et la place laissée au libre-arbitre par nos conditionnements.

 

Contacts : http://www.celinepessoa.fr/ et http://www.myspace.com/anamorphosechronique

Tournée :

30/10/2011 :
Salle Olympe de Gouges (les 30 ans de radio libertaire) PARIS,
Ile-de-France, FRANCE – 18:00 H

Céline Péssoa05/11/2011 :
Librairie publico (exposition d’illustrations) Paris, Ile de france, FRANCE – 16:00 H

16/12/2011 :
Théâtre de la Reine blanche (sortie du CD 5 titres, diffusion du scoopitone et présentation du Céline Pessoa tour 2012) Paris, Ile-de-France, FRANCE – 21:00  H

 

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