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Album du mois – novembre 2011 : Lulu (Lou Reed and Metallica)


Lou Reed se vante d’écrire une nouvelle page de l’histoire musicale avec cette galette hors normes : quoiqu’on en pense, un tel défi méritait bien de faire appel à ceux qui en ont écrit plus d’une : Metallica. Et chacun de ces feuillets brûla les doigts de leurs fans, incendia la planète et fit couler … de l’encre d’abord, et pendant des années, la sueur d’un public revenu tête basse auprès des maîtres redemander un peu de sa pitance. En sera-t-il de même de l’étrange Lulu ? Le Sceau de ses lèvres cireuses sera-t-il brisé par un pubic avide d’entendre son message ? Au-delà du symbole évoqué par avant, voici une approche plus sonore de ce double album …

Metallica n’a jamais été avare de rencontres sonores (volontaires ou fortuites, notamment en live), mais cela n’avait jamais encore donné lieu à la sortie d’un opus. Batterie militaire très Pantera (« The view »), James cédant (chose rare à saluer) le micro à Lou Reed, comme pour mieux intégrer la noirceur et l’histoire de ce pionnier du rock, à la sueur puissante (« Pumping Blood ») dont les trashers n’ont plus à faire preuve (cf. la teneur de leurs tournées phénoménales).

On retrouve l’univers intérieur d’un Lou Reed, qui ne renie pas ses talents de conteurs des maux du monde, mêlés de resenti personnel et de vécu (« Little Dog »), auquel le travail basse / batterie du groupe apporte profondeur et violence.

Que les fans se rassurent : Metallica n’y perd pas de sa verve (en dépit des « Cheat on me », « Frustration »), et de sa vivacité (« Mistress Dread » rappelle pourtant un « Seek & Destroy » pas si jeune, comme quoi cette rencontre tisse un lien original entre plusieurs époques).

Le plus surprenant est de s’apercevoir que ce puissant mélange de trois décennies au moins de rock (qu’il se soit appelé métal pour les uns n’y change rien) est profondément empreint de modernité ; à aucun moment cette tonalité presque Buckleyienne, déchirée et déchirante, pas plus que le martelage épais du groupe, ne nous dérangent, à So What, envers et contre toute critique, à laquelle nous nous attendions.

Ce Lulu est peut-être l’oeuvre qui n’est jamais venue dans les années 2000, celle qui aurait inacarné ce tournant tant attendu du millénaire, mais qui a mis bien dix ans à saisir qu’il était en répit, avant « la crise » comme on aime à l’appeler, la chute d’une certaine manière, celle déplorée déjà aux grandes heures de Reed ou de la Trash Bay Area.

C’est donc en 2011 que cette rencontre-album-groupe trouve finalement, dans les viscissitudes planétaires, au coeur d’une décennie de détresse et d’inhumanité, l’espace de son épanouissement, un rien lugubre. Lulu n’est pas, c’est sûr, le nouveau Metallica, pas plus que le dernier Lou Reed (tant pis pour ceux qui l’espéraient, au regard d’un chant parfois approximatif) : ce que le rock retient du sieur Reed et qui est ici présent, c’est une écriture ; de Metallica, non, ce n’est pas le son trash, (je vous renvoie pour ceux qui comme nous ont connu le Black album soit disant « poppy » aux critiques de l’époque, tandis qu’il s’agit avec le recul d’un de leur plus grand album), c’est la capacité à créer un son différent, qui souligne un propos différent : quoi, faudrait-il qu’il nous fasse du Megadeth, un gros son mais rien à dire ?

Chez Zikworld, on l’aime bien notre Lulu, comme on aime le blues de Pearl Jam, la pop de Radiohead, le jazz de Faith No More : parce qu’on préfère le changement de point de vue, qui évite de devenir aveugle. Pas vous ?

Rendez-vous dans 10 ans pour le « regard en arrière » …

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