Boy(coton)

Boy(coton) : Biophilia (Björk)


Soyons honnête, Zikworld a toujours été attentif à la carrière de la demoiselle, dont bien des albums sont des pépites qui brillent encore sur nos étagères et au moins l’un d’entre eux est entré au panthéon du Disc’Idéal ! (nous y reviendrons prochainement) … Qui plus est, nous n’avons pas testé Biophilia sur iPad, non, parce que la musique s’est imposée à nous, comme premier media porté jusqu’à nos oreilles par l’islandaise, depuis toujours : n’était-ce pas son combat, cette reconnaissance dont Lars Von Trier a abusé de la musique « omniprésente » ? La machine outil elle-même, vecteur de musicalité, entraînait dans Dancer in the Dark, l’ensemble des corps harassés dans une chorégraphie post-moderne hallucinante …

 Force est de constater qu’aux divagations des dernières années de Björk faisant participer non ses auditeurs à l’écriture (comme Imogen Heap par exemple) mais au constat final d’une écriture éparpillée, dycotomique, où les mondes électro et pop enfantine ne parvenaient déjà plus à s’embrasser matériellement pour swinguer ensemble, l’artiste a cette fois encore, une fois de trop, cédé à l’éclectisme insensible, à l’électrification ionique sans émotion. Heureusement souvent sauvées par des prestations scéniques magistrales, les élucubrations de Björk, parfois géniales (je pèse mes mots – le travail sur Medulla par exemple, certes controversé mais cela participe de sa force, était à mon sens utile, intéressant, comme un parti pris, comme une expression du changement dans l’innovation sonore maîtrisée, calculée), en avaient déjà perdu plus d’un, et je passe sur les multiplications de supports, quand le DVD nième version, quand le single remixé, quand … les applis iPad ?! Cela ne va pas s’arranger avec ce Biophilia ..

Björk fait cependant la part belle à la voix sur cet opus, endossant fièrement son talent incontestable de conteuse, sur fond d’électro (« Moon »), jusqu’à l’évocation d’ambiances enfantines mythiques (« Virus ») – qui jouent d’ailleurs leur rôle à l’écoute attentive – (« Hollow » semble extrait d’un Pierre et le Loup version classique magistral), mais s’enfère dans un travail techno – beat stérile (le final explosif de « Crystalline » rappelle un remix version Nine Inch Nails), comme par exemple un « Mutual Core », qui ne parvient nullement à renouer avec l’hypnotique travail de l’artiste sur Post. Il reste, comme toujours, que notre islandaise a du talent, une voix, qu’elle sait rendre touchante à souhait (accompagnée au piano sur « Solstice » qui, heureusement pour cet album, le conclut, nous laissant par là-même un arrière-goût moins désagréable), parfois jusqu’à la prière électro (« Cosmonogy » est sans doute la perle de ce Biophilia). En tous cas, on lui préfère agréablement son travail d’ambiance orienté B.O. de film (« Thunderbolt ») qu’un « sacrifice » insipide, inutile, qui a dit obsolète ?! sur l’autel de la technologie, cette dernière eut-elle posé la première pierre de l’édifice björkien, il y a maintenant de nombreuses années.

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