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Interview : In The Divine Machine (Octobre 2011)


C’est à l’occasion de la sortie extrème fin septembre de leur premier opus, que nous avons rencontré les membres forts sympathiques d’In The Divine Machine (ITDM), groupe basé à Marseille, qui évolue dans le milieu progressif, rock ou métal à vous d’en décider (cf. notre chronique dans le Son des Régions ce mois-ci de leur album Inner Whispers). Côté interview, le jeu habituel des 5 questions …

ZIKWORLD : Marco / Reno : Votre arrivée dans ITDM est-elle fortuite ou le travail d’écriture et de composition du groupe tel qu’il était vous a-t-il attirés ?

Marco : En ce qui me concerne, Tara m’a « repéré » sur un concert que j’ai fait avec le groupe Where We Rise en 2005 à Toulon, on ouvrait pour TM Stevens et on jouait du Metal Progressif à l’époque. Il m’a contacté savoir si je serais intéressé par son projet, j’ai écouté ses maquettes de l’époque et je me suis dit qu’il y avait vraiment de la matière à faire quelque chose de grand ! Ceci dit, ça ne s’est pas fait car j’étais un peu loin de Marseille …Quelques années plus tard, il m’a recontacté, car il venait de se séparer du premier guitariste de ITDM, et moi, j’ai dit OUI tout de suite, bien que je sois encore plus loin de Marseille !!! C’est bel et bien l’écriture des titres de Tara qui m’a plu et le potentiel de tout ça ! Ce qui tombait bien aussi à ce moment-là, c’est que je souhaitais sortir du chemin des Metalleux pour lequel on me connait – trop – et essayer d’autres pistes. Lassé, oui, mais surtout une envie de travailler sur une musique qui me correspondait plus ! A l’écoute des maquettes déjà, je me suis reconnu dans les titres et surtout j’avais déjà les idées sur le son, les arrangements, et la voix particulière de Tara aussi m’a plu. Ca sort du commun et moi ça me plaît … quand c’est pas conforme !

Ce qui a scellé mon destin, c’est l’entente avec Tara sur les premiers contacts téléphoniques (30min à 1h parfois. et ça continue depuis, même avec les autres), on a la même vision du projet, de l’écriture et du reste. Il en a été de même avec Eric (étant un peu batteur aussi, on s’est compris rapidement), puis par la suite, Renaud (maître des blagues incontesté, et bassiste impressionnant !). On a accroché de suite. Maintenant, c’est un vrai groupe avec un gros G. J’espère que ça s’entend sur la galette en tout cas !

Reno : Ca a commencé un peu par hasard, un ami bassiste avait passé une audition pour le groupe mais n’étant pas vraiment libre, il avait laissé mon numéro à Tara. J’avais écouté les titres à l’époque, et j’avais tout de suite accroché. J’aimais ce mélange d’énergie et de mélancolie, avec une touche de progressif et les morceaux étaient déjà très aboutis au niveau de l’écriture et des arrangements. Mais aucune nouvelle… Un an après, je reçois (enfin !!) un appel de Tara qui cherche à remonter ITDM. Je sens qu’en plus de la qualité de la musique, le projet est sérieux et j’aime bien la façon dont il compte le mener. Je souhaitais reprendre la compo depuis quelques temps mais à cette époque je jouais beaucoup en piano-bar et je n’avais pas le temps de remonter un projet. L’occasion était trop belle et le temps de se rencontrer on a commencé à jouer. On s’est tout de suite bien entendus et on allait tous dans le même sens. Tout s’est fait naturellement. Au final, c’est ça qui a été décisif pour moi.

 ZIKWORLD :Inner Whispers a-t-il un fil conducteur ou recense-t-il des compositions d’horizons et de périodes diverses ?

Tara : Les 2/3 des titres de Inner whispers ont été composés à une période trouble de ma vie (perte de gens proches) ce qui leur a conféré un côté sombre que ce soit musicalement ou au niveau des paroles. La volonté globale était de produire des morceaux à la fois efficaces et puissants dont l’énergie pourrait rester intacte sur scène, et à la fois porteurs d’émotion avec ce côté parfois lyrique propre à nos incartades progressives. Dans les arrangements et l’interprétation, la volonté de tous les membres du groupe de respecter l’intention première du titre, de toujours évoluer vers quelque chose d’homogène en mettant de côté des questions d’égo, a permis à ce premier album de démontrer une vraie identité musicale et de dégager un univers personnel … ce qui, d’expérience, n’est pas le plus simple à réaliser.

 ZIKWORLD :Qu’est-ce qui a présidé à une apparence si progressive de l’artwork (NDLR : Spock’s beard doit être jaloux !) ?

Marco : Gros dossier là ! Je n’ai pas la prétention de comparer l’artwork d’Inner Whispers avec l’artwork des autres groupes. Cela dit, c’est assez flatteur ! Je pense que tu fais allusion à la pochette de Day for Night … Je me dois donc de tenter d’expliquer pourquoi notre artwork est « prog » … Tout simplement, nous avons des influences musicales progressives, que ce soit Tara, Eric, Renaud ou moi. Pour ma part, j’ai été élevé à ça depuis tout petit avec du Floyd entre autre, et les pochettes que j’adorais regarder étaient toutes dans le delire ! En plus de ça tu me rajoutes un côté FAN de Dali (qui pour moi aurait fait un excellent graphiste prog) … Ado, aux beaux arts, j’aimais beaucoup détourner les choses, ce qui ne plaisait pas trop, et plus tard j’ai été pas mal influencé par certaines pochettes de Dream Theater aussi, qui avaient bien compris ce qu’un artwork prog devait être !!! Et puis finalement, à l’ecoute des pré-prods qu’on a réalisées pour l’album, on s’est dit qu’il y avait quelque chose en nous de Teness… Progressif pardon … Voilà pourquoi j’ai proposé ce type d’artwork au groupe ! Tara et Eric avaient fait faire une pochette déjà par quelqu’un mais ils souhaitaient quelque chose de plus évolué, donc je m’y suis mis et tout le monde a adoré le premier jet. Encore une fois, tous sur la même longueur d’onde, ce qui simplifie les choses … J’ai eu carte blanche ! Je trouve que le résultat colle bien avec le disque … et puis surtout, nous avons été maitres de ce projet du début à la fin et je me suis éclaté !

 ZIKWORLD :A l’écoute de l’album, la voix de Tara m’a inévitablement rappelé un certain Tobbias Sammet (Edguy, Avantasia) : pure coïncidence ou, comme lui, le coffre et l’emphase d’un Freddie Mercury (Queen) sont pour vous une référence ?

Tara : Je ne connais pas, certainement à tort, le chanteurs que tu cites. Mes Dieux à moi, sans prétendre du tout à une comparaison avec eux sont : Geoff Tate (Queensrÿche),Tony Harnell (TNT), Glenn Hughes et Jeff Buckley (autre style) … Avec un chanteur tu es directement en lien avec ses tripes, son vécu, ses rêves, ses désillusions, ses angoisses … par conséquent c’est la rencontre avec une émotion pure. En ce sens, il est compliqué, voire inquiétant peut-être, de faire l’unanimité … un chanteur techniquement moyen va être capable de t’arracher les larmes et inversement un cador des cours de chant va te laisser froid et vide. Chez les 4 chanteurs que j’ai cités précédemment je retrouve une aisance technique dans le doux comme dans l’agressif, un lyrisme puissant et une capacité à te transporter émotionnellement : la perfection pour moi.

 ZIKWORLD :Eric est l’un des fondateurs d’ITDM : l’actualité est marquée par le départ de Mike Portnoy de Dream Theater et les sessions de recrutement de son successeur : quelles sont pour vous les principales qualités d’un batteur dans une formation ?

Eric : Le départ de Mike Portnoy est une grosse surprise pour les fans de DT. Je connais très bien le jeu de mister Portnoy car je suis un fan de la première heure du groupe, et je pense que la tâche de Mike Mangini ne va pas être facile. Il est lui aussi un très grand batteur, on parle là de batteurs qui sont au panthéon de la batterie prog ! Il a les outils techniques nécessaires pour jouer dans Dream Theater, maintenant aura-t-il la même approche dans l’écriture des futures chansons ? Comment fera-t-il sonner les anciens titres sur scène ?!! C’est un challenge pour le groupe et les fans et c’est ce qui reste excitant selon moi dans ce changement.

Pour répondre à ta question sur les principales qualités d’un batteur, il me faudrait des dizaines de pages … j’ai beaucoup travaillé l’instrument pendant des années, j’étais obnubilé par la technique à cette époque-là, mais je me suis rendue compte que ce qui compte avant tout c’est la musicalité (dans les phrasés, dans les breaks…), le mariage entre batterie, basse et guitare rythmique et surtout essayer de rester original tout en respectant les styles de musique joués. C’est ce que j’essaye de faire au sein d’In the divine machine : insuffler un rythme car le batteur est le coeur ‘rythmique’ du groupe tout en étant surprenant de temps en temps. Donc pour moi un batteur se doit d’être un minimum technique, d’avoir en quelque sorte un panel d’outils en réserve, mais surtout musical et toujours au service du groupe.

Propos recueillis par Jeff GARNIER pour Zikworld – Octobre 2011. Photo : LaetiPhoto

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